✓ Gérer le patrimoine informatique
✓ Répondre aux incidents
✓ Mettre à disposition des utilisateurs un service informatique

Viandes de Bresse dispose d’un important parc informatique au cœur du fonctionnement de ses ateliers réfrigérés. En cas de panne, le flux de production de viande est à l’arrêt.
Il est de la responsabilité du service informatique de garantir le bon fonctionnement de ces appareils et leur preste remplacement en cas de défaillance (sous 10 minutes maximum).
J’ai été amené à prendre la responsabilité du maintien du parc matériel des ateliers assez rapidement après mon arrivée. Il se compose de platines (ordinateurs thin-clients), d’imprimantes thermiques pour l’étiquetage des lots, de scanners portables et de PDA. Je prendrai ici l’exemple de la gestion des imprimantes thermiques, puisque ce sont de loin les machines sur lesquelles se concentrent le plus d’efforts de maintenance.
Ce travail peut se décomposer en plusieurs missions décrites si dessous.
Maintenir un stock d’imprimantes en état de marche
Il convient de ne jamais se trouver démuni en cas de panne. En effet, la plupart du temps, si une imprimante dysfonctionne, elle est immédiatement remplacée par une opérationnelle : on ne va jamais examiner une imprimante en panne sans une de rechange sous le bras. Sa réparation aura lieu à postériori pour ne pas ralentir la production.
Il est ainsi crucial de maintenir un stock d’imprimantes testées et fonctionnelles, prêtes à partir en production à tout instant sans configuration supplémentaire. Ce stock doit être toujours maintenu au dessus d’un nombre critique défini assez grand dans le cas où la loi des séries s’acharnerait sur le service informatique (typiquement 4 imprimantes de secours).
Définir des batteries de tests pour garantir une fiabilité maximale
À mon arrivée dans l’entreprise, les procédures de test des imprimantes thermiques étaient mal définies et rudimentaires, mais jugées comme suffisantes. Suite à plusieurs incidents que nous avons jugés indignes d’un service informatique qui se respecte (Il nous est arrivé, lors de remplacement, de ne pas arriver à faire fonctionner la machine que nous avions amené), j’ai eu la chance d’avoir à réimaginer notre façon de préparer les imprimantes. L’objectif étant qu’une personne étrangère au service informatique puisse remplacer n’importe quelle imprimante de l’atelier à toute heure et sans assistance, avec la même aisance qu’il aurait eu à remplacer un clavier ou une souris. En un terme : Plug-and-Play.
Voici une liste des amélioration que j’ai pu apporter :
Tests successifs avec tous les types d’étiquettes utilisés
Nous utilisons 3 types d’étiquettes en atelier, mais les imprimantes n’ont pas de type d’étiquette attitré. Une fois l’imprimante paramétrée, elle doit pouvoir fonctionner avec chacun des types de rouleaux sans aucun paramétrage intermédiaire.
Chargement des polices et des logos
Nous utilisons rarement des polices et logos non standards sur certaines étiquettes. Il a été décidé de les charger systématiquement dans toutes les imprimantes pour ne plus avoir à se poser de question.
Étiquette d’état des imprimantes
Pour éviter de confondre une imprimante en réparation avec une imprimante fonctionnelle, une étiquette est apposée sur le matériel fonctionnel pour l’identifier comme tel. On note la date de mise en production, ce qui permet, en cas de retour de l’imprimante en réparation d’estimer sa fiabilité.
Tests prolongés
Certaines imprimantes reviennent avec des messages d’erreur que nous n’arrivons pas à interpréter. Dans ce cas, si nous arrivons à la refaire fonctionner, elle est gardée comme imprimante du bureau informatique, ce qui permet de la tester sur une plus ample temporalité.
Allégement des procédures
Au contraire, pour gagner du temps, nous avons cessé certaines pratiques
- Une imprimante revenant de production défectueuse n’est pas remise à zéro systématiquement. On considère qu’elle a subit tous les tests précédemment évoqués et qu’elle est donc bien configurée. Cela varie selon la panne, mais on applique souvent la procédure de test dans le sens chronologique inverse. On peut ainsi mieux comprendre l’origine de la panne, et on gagne du temps.
- Le parc informatique est identifié par des étiquettes et rentré dans une base de donnée centralisée (type glpi). Cela fait tout à fait sens pour des ordinateurs portables, mais pas pour des imprimantes thermiques. En effet, elles sont souvent installées dans l’urgence, quelques fois par des personnes étrangères au service informatique.
Aspect technique
La parc, historiquement composé de PF4I transitionne vers des PM45C plus récentes qui bénéficient d’améliorations notables, mais non exploitées pour l’instant. Voici quelques remarques les concernant.
Coûts et réparabilité
Ce sont des machines extrêmement couteuses (Jusqu’à 2000€ pour une PM45C neuve), mais aussi très fiables, et avec des pièces détachées facilement disponibles et remplaçables, bien que chères.
On est donc dans une logique de réparation plutôt que remplacement pour ces machines, le temps humain dépensé étant souvent beaucoup moins cher que le matériel.
Fiabilité
Ce sont des machines très fiables (certaines sont en service depuis plus de 20 ans), fonctionnant avec succès dans un environnement froid avec un taux d’humidité très variable.
Elles ne nécessitent ni encre ni toner, impriment très rapidement, et les rouleaux sont aisément changés. C’est clairement la technologie la plus pertinente pour l’atelier, qui en fait une utilisation très intensive.
Une bonne partie des problèmes techniques viennent de la tête d’impression, qui peut être changée en moins d’une minute par un utilisateur non expérimenté.
Sur la trentaine d’imprimantes installées en atelier, on compte environ de l’ordre de une panne, souvent mineure, par semaine. Au vu de leur utilisation constante et intensive, c’est très peu.
Connectique
Bien que les PM45C disposent d’une connectique riche et moderne (USB, Ethernet), l’ensemble des imprimantes sont connectées avec un port parallèle. Cette technologie, bien qu’obsolète depuis l’apparition de l’USB à la fin des années 90, a l’avantage de ne nécessiter aucune configuration, et d’être tout simplement déjà en place.
Néanmoins, le connecteur parallèle est source de problèmes techniques. Il supporte très mal les contraintes mécaniques par rapport à un câble Ethernet beaucoup plus robuste (S’il est plié en angle droit, ce qui arrive en atelier, il finira inévitablement par casser). Les câbles parallèles sont aussi chers car fabriqués en faibles quantités.
Le passage en USB serait aussi compliqué, puisque les PF4I ne disposant pas de ce connecteur, cela introduirait une hétérogénéité des connectiques dans le parc. Le support de l’USB par l’ERP n’a pas été étudié non plus.
Pour conclure : Le “mieux” étant l’ennemi du “bien”, la connectique parallèle, bien que risiblement obsolète en 2025, fait le travail malgré ses défauts, et on ne lui demande pas plus.